LA SURVIE PENDANT DE LONGS SIÈCLES

Le Moyen Age et son insécurité liée aux invasions barbares et aux luttes d’influence des Seigneurs locaux, n’épargna pas Rennes-les-Bains, bien au contraire. En témoignent aux alentours, le château d’Arques antérieur au Vème siècle et dont subsiste un remarquable donjon d’architecture gothique, le château de Serres détruit avantle XVème siècle, et remplacé par une bastide actuellement restaurée et habitée, et les vestiges des châteaux de Blanchefort et du Bézu. C’est dire que pendant de longs siècles, seuls des habitants de proximité utilisaient les installations antiques de plus en plus dégradées.

Rennes-les-Bains avait son bain des ladres, les "Bains Doux", mais la tradition veut que ce soit une autre source, dénommée depuis "Bains de La Reine" qui guérit de la lèpre, Blanche de Bourbon, exilée au château de Peyrepertuse par son mari Pierre le Cruel. La découverte, selon le curé Delmas, de nombreuses monnaies du moyen âge et d’objets divers, dont un éperon en fer et une rosette datant des Valois, permettent de penser que Rennes-les-Bains et son activité thermale ont survécu au cours de cette période, ce que confirment Bonnard et Percepied. En 1162, c’est sous l’appellation d’Aquis Calidis, que les bains de Rennes sont colligés parmi les biens du monastère d’Alet. A partir du XIVème siècle et jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, Rennes-les-Bains s’appellera "Baings de Montferrand". Et c’est par"... bains chaulx comme : à Limons ( lire Limoux )... " que Rabelais les désignent dans Pantagruel. Mais en ces temps là, les bâtiments thermaux et les voies de communications restaient précaires dans la plupart des stations thermales françaises.

Ainsi, Gensanne signale l’existence en 1778, de trois établissements comportant uniquement des piscines communes : "Bains Doux", "La Reine", "Bains Forts", alors que Julia, à qui l’on doit la première analyse chimique des eaux, et Labouisse-Rochefort, nous indiquent que l’accès n’était possible qu’à dos de mulet ou de chevaux jusqu’à l’achèvement de la route en 1831. La station était alors la propriété d’Urbain de Fleury qui en avait fait l’acquisition le 27 floréal an IV lors de la vente de biens nationaux issus de la confiscation par la Révolution, pour cause d’émigration des biens de son père. Les eaux de Rennes-les-Bains étaient connues des milieux scientifiques , puisque Carrere, au nom de la Société Royale de Médecine, les décrits en 1785 et Allibert premier médecin du Roi, fait de même en 1826.